Entrée en fonction du premier ministre libéral Donald Tusk en Pologne
LE MONDE | 16.11.07 | 11h20 • Mis à jour le 16.11.07 | 14h42
VARSOVIE CORRESPONDANTE
Une semaine après la désignation au poste de premier ministre du libéral Donald Tusk, le président conservateur polonais Lech Kaczynski a officiellement nommé, vendredi 16 novembre au matin, le nouveau gouvernement de coalition formé par la droite libérale (Plate-forme civique), arrivée en tête aux élections législatives anticipées du 21 octobre, et le parti paysan centriste PSL.
Connue depuis le début de semaine, la composition du nouveau cabinet ne constitue pas une surprise. L'intérieur est confié au libéral Grzegorz Schetyna, vice-président de la PO et fidèle lieutenant de M. Tusk. Malgré les réticences du président, les affaires étrangères reviennent à Radoslaw Sikorski, l'ex-ministre de la défense du gouvernement conservateur de Jaroslaw Kaczynski, passé cet été dans le camp libéral.
Sur les 17 portefeuilles, 5 seulement reviennent à des femmes : santé, éducation, développement régional, travail et enseignement supérieur. La nouvelle équipe est marquée par une présence accrue de "spécialistes" (5 ministres) : la justice au professeur de droit pénal Zbigniew Cwiakalski ; les finances à l'économiste Jacek Rostowski, ancien conseiller de Leszek Balcerowicz, l'artisan des réformes libérales entamées après la chute du communisme; le développement régional à Elzbieta Bienkowska, une administrative venue de Silésie.
Privée de majorité au Parlement (209 sièges sur 460), la droite libérale a dû satisfaire les appétits de son partenaire, le petit parti paysan de Waldemar Pawlak (31 sièges), qui obtient trois portefeuilles, dont l'économie et le travail. L'alliance a été rondement menée, tranchant avec les difficultés de l'équipe conservatrice sortante (Droit et Justice), en 2005-2006, pour former une coalition instable avec l'extrême droite et les populistes.
RETRAIT DES TROUPES EN IRAK
Vendredi, le nouveau conseil des ministres devait se réunir rue Ujazdowskie. Plusieurs grands chantiers doivent être lancés: développement des infrastructures de transport (la Pologne ne compte que 650 kilomètres d'autoroutes), réforme de la santé (les hôpitaux publics sont endettés à hauteur de 3,6 milliards de zlotys ¿ 980 millions d'euros), absorption des fonds européens (plus de 70milliards d'euros pour 2007-2013), retour des Polonais de l'émigration, relance des privatisations ou encore retrait rapide des troupes polonaises en Irak. M. Tusk, qui a déjà annoncé un changement de ton de la politique européenne de la Pologne, prononcera, le 23 novembre, son discours de politique générale devant le Parlement.
Qu'en sera-t-il de la cohabitation avec le président conservateur en place jusqu'en 2010? Mis à part les messages rassurants envoyés cette semaine, Lech Kaczynski a annoncé qu'il mettrait son veto présidentiel à deux projets de loi : l'un sur l'impôt à taux unique, une mesure phare des libéraux; l'autre sur une réforme de la police anticorruption (CBA), l'un des enfants politiques controversés de Droit et Justice. Ce veto peut être levé par un vote des deux tiers des députés.
LE MONDE | 16.11.07 | 11h20 • Mis à jour le 16.11.07 | 14h42
VARSOVIE CORRESPONDANTE
Une semaine après la désignation au poste de premier ministre du libéral Donald Tusk, le président conservateur polonais Lech Kaczynski a officiellement nommé, vendredi 16 novembre au matin, le nouveau gouvernement de coalition formé par la droite libérale (Plate-forme civique), arrivée en tête aux élections législatives anticipées du 21 octobre, et le parti paysan centriste PSL.
Connue depuis le début de semaine, la composition du nouveau cabinet ne constitue pas une surprise. L'intérieur est confié au libéral Grzegorz Schetyna, vice-président de la PO et fidèle lieutenant de M. Tusk. Malgré les réticences du président, les affaires étrangères reviennent à Radoslaw Sikorski, l'ex-ministre de la défense du gouvernement conservateur de Jaroslaw Kaczynski, passé cet été dans le camp libéral.
Sur les 17 portefeuilles, 5 seulement reviennent à des femmes : santé, éducation, développement régional, travail et enseignement supérieur. La nouvelle équipe est marquée par une présence accrue de "spécialistes" (5 ministres) : la justice au professeur de droit pénal Zbigniew Cwiakalski ; les finances à l'économiste Jacek Rostowski, ancien conseiller de Leszek Balcerowicz, l'artisan des réformes libérales entamées après la chute du communisme; le développement régional à Elzbieta Bienkowska, une administrative venue de Silésie.
Privée de majorité au Parlement (209 sièges sur 460), la droite libérale a dû satisfaire les appétits de son partenaire, le petit parti paysan de Waldemar Pawlak (31 sièges), qui obtient trois portefeuilles, dont l'économie et le travail. L'alliance a été rondement menée, tranchant avec les difficultés de l'équipe conservatrice sortante (Droit et Justice), en 2005-2006, pour former une coalition instable avec l'extrême droite et les populistes.
RETRAIT DES TROUPES EN IRAK
Vendredi, le nouveau conseil des ministres devait se réunir rue Ujazdowskie. Plusieurs grands chantiers doivent être lancés: développement des infrastructures de transport (la Pologne ne compte que 650 kilomètres d'autoroutes), réforme de la santé (les hôpitaux publics sont endettés à hauteur de 3,6 milliards de zlotys ¿ 980 millions d'euros), absorption des fonds européens (plus de 70milliards d'euros pour 2007-2013), retour des Polonais de l'émigration, relance des privatisations ou encore retrait rapide des troupes polonaises en Irak. M. Tusk, qui a déjà annoncé un changement de ton de la politique européenne de la Pologne, prononcera, le 23 novembre, son discours de politique générale devant le Parlement.
Qu'en sera-t-il de la cohabitation avec le président conservateur en place jusqu'en 2010? Mis à part les messages rassurants envoyés cette semaine, Lech Kaczynski a annoncé qu'il mettrait son veto présidentiel à deux projets de loi : l'un sur l'impôt à taux unique, une mesure phare des libéraux; l'autre sur une réforme de la police anticorruption (CBA), l'un des enfants politiques controversés de Droit et Justice. Ce veto peut être levé par un vote des deux tiers des députés.
